Second distributeur
mondial de vins et
spiritueux, le groupe
français Pernod Ricard
réalise 89 % de son chiffre
d’affaires hors de France.
Leader en Europe, il se
place au deuxième rang sur
le continent américain, et
notamment au Venezuela. En
raison de la volumétrie de
l’activité, le marché
vénézuélien est stratégique
pour le groupe Pernod
Ricard. Le Venezuela, qui
compte 27 millions
d’habitants, se place en
effet parmi les trois pays
consommant le plus de whisky
au monde.
Buveurs de whisky
Ce n’est pas un hasard si le
whisky représente 85 à 90 %
de l’activité du groupe
Pernod Ricard au Venezuela.
En effet, avec la bière, il
s’agit de la boisson la plus
consommée par les
Vénézuéliens, qui ont
l’habitude de boire du
whisky en mangeant comme les
Français boivent du vin. «
85 à 90 % de la
consommation d’alcool se
fait à la maison »,
observe Marco Ocando,
directeur marketing de
Pernod Ricard Venezuela.
Dans ce pays où les bars et
les restaurants sont rares,
excepté dans les grandes
villes, la consommation
d’alcool est synonyme de
convivialité et de
célébration d’événements
festifs. Dans un pays de 27
millions d’habitants, dont 7
millions vivent avec moins
de 60 dollars par mois, et
où seule 10 % de la
population bénéficie d’un
pouvoir d’achat important,
la richesse s’expose,
s’exhibe même. Les riches
affichent fièrement leurs
grosses voitures et leurs
corps passés au bistouri des
chirurgiens esthétiques, et
consomment des produits de
luxe, notamment de l’alcool
très haut de gamme.
Une aubaine pour le groupe
Pernod Ricard, qui cible
cette clientèle aisée, qui
achète des whiskys premium
et super premium, mais aussi
du vin et du champagne.«
Le marché du vin mûrit : les
Vénézuéliens consomment
désormais du vin rouge, et
non plus seulement du vin
blanc, comme c’est le cas
dans les pays où la
consommation de vin commence
juste à se développer
», explique Marco Ocando.
Par ailleurs, les femmes,
qui apprécient de plus en
plus l’alcool, s’orientent
plus volontiers vers des
cocktails, des mix à base de
vodka ou de liqueur, des
whiskys très haut de gamme,
comme le Chivas Regal, et
des vins du monde.
Les vins du monde
gagnent du terrain
Les ventes de vin n’ont
cessé de croître depuis
quelques années et même si
elles restent largement
inférieuresaux ventes de
whisky, elles promettent de
se développer encore au
cours des prochaines années.
« Le vin constitue une
réelle opportunité pour
Pernod Ricard au Venezuela
», indique
Jean-François Magarinos,
directeur financier de
Pernod Ricard Venezuela.
Le groupe Pernod Ricard
distribue des vins du monde,
venus en particulier de
Nouvelle-Zélande, d’Espagne,
d’Argentine, du Chili,
d’Australie et de France.
Parmi eux, les prestigieux
champagnes Mumm (dont 8
millions de bouteilles sont
vendues chaque année dans le
monde) et Perrier Jouët
(considéré comme l’un des
dix meilleurs champagnes
premium au monde), mais
aussi le vin Jacob’s Creek,
l’ambassadeur des vins
australiens, et le vin le
plus vendu dans le monde,
avec 7,5 millions de caisses
de 9 litres vendues en
2005-2006.
« Les Vénézuéliens
consomment surtout des vins
chiliens et argentins
», remarque Jean-François
Magarinos. Le groupe ne
dispose d’aucune marque de
vin chilien, le plus prisé
des vins au Venezuela, mais
distribue dans le pays six
vins argentins, des vins
espagnols, comme le Palacio
de la Vega, le fameux
Jacob’s Creek, australien,
et des vins néo-zélandais
comme le Montana. Pernod
Ricard entend bien devenir
leader du segment de la
vente de vin.« Le vin
représente un atout
indéniable pour Pernod
Ricard par rapport à ses
concurrents frontaux, car il
s’agit du seul grand groupe
d’alcools et de spiritueux à
distribuer du vin au
Venezuela », note
Jean-François Magarinos.
Consommer
responsable
Malgré la relative souplesse
de la réglementation
régissant la consommation
d’alcool au Venezuela, le
groupe Pernod Ricard
applique dans le pays son
code éthique interne, en
prévenant des dangers de la
consommation d’alcool sur
certaines populations comme
les femmes enceintes et les
automobilistes, et en
évitant de mener des
campagnes de communication à
destination des jeunes,
considérés comme une
population fragile. Au
Venezuela comme partout dans
le monde, le groupe mène une
politique de
commercialisation
responsable.
Miser sur les pays
émergents
Globalement, le groupe
Pernod Ricard entend
développer la part des pays
émergents dans son activité.
« L’Europe et l’Amérique
sont des marchés où la
croissance est forte, mais
stabilisée », signale
Jean-François Magarinos. Or,
la croissance des spiritueux
passe par de nouveaux
marchés, en particulier ceux
de la zone Asie-Pacifique
avec, en tête, la Chine, la
Corée et l’Inde, mais aussi
l’Amérique du Sud, avec
entre autres le Venezuela,
l’Argentine et le Chili.«
La croissance de demain
se situe sur ces marchés
», assure Jean-François
Magarinos.