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Pascale Decressac :
Le mélange Illy se veut le meilleur du monde. Comment atteindre
l’excellence ?
Luigi Tomasini :
Depuis 1933, Illy propose un seul mélange d’arabicas constitué
de grains soigneusement sélectionnés dans treize pays, en
Amérique centrale, en Afrique et même en Asie. Nous n’hésitons
pas à parcourir la planète à la recherche des meilleurs grains
et à acheter directement les sacs aux petits producteurs.
Néanmoins, l’excellence de la matière première et la justesse
des proportions ne suffisent pas pour obtenir un mélange
parfait ; il est également indispensable de veiller au processus
de production et d’apprendre aux cultivateurs à adopter les
méthodes permettant d’obtenir une qualité idéale. L’originalité
d’Illy consiste à définir le mélange avant et non après la
torréfaction, ce qui assure un résultat optimal et constant dans
le temps. Afin d’éduquer tous les maillons de la chaîne de
fabrication de l’arabica, nous avons mis en place des
universités du café où l’on transmet l’art de réaliser un
arabica d’exception.
P.D. : Chez Illy,
l’art ne se trouve pas uniquement dans la tasse…
L.T. : Ce n’est
pas un hasard si Illy a choisi comme devise « la beauté a un
goût ». Le café, c’est un art de vivre que l’on déguste et que
l’on admire. Confier la décoration de nos tasses et de nos bars
à l’italienne à des artistes, c’est un moyen de manifester notre
volonté de promouvoir l’art sous toutes ses formes et de mettre
en avant notre philosophie. Nous nous adressons à une clientèle
qui apprécie réellement le café comme un art. Or la qualité a un
prix et il n’est pas question pour nous de brader nos produits
pour nous aligner sur les prix du marché. Notre café est le
meilleur du monde mais aussi le plus cher : nous assumons ce
positionnement élitiste qui fait notre différence.
P.D. : Comment les Français
conçoivent-ils le café ?
L.T. : Ce n’est
pas anodin si le café français est souvent qualifié de « petit
noir ». En France, on a une fâcheuse tendance à imaginer que le
client est toujours pressé et considère la qualité du café comme
secondaire. Or un client satisfait sera plus enclin à prendre le
temps de déguster son café. Il faut repenser la consommation,
revaloriser l’image du café, former les barmen à sa confection.
Cela est d’autant plus important que l’exigence des
consommateurs ne cesse d’augmenter : ils savent désormais ce
qu’est un vrai expresso et ne se contentent plus du petit noir
âcre. Certes les Français restent attachés au café serré mais
ils commencent aussi à découvrir d’autres recettes très
appréciées en Italie telles le macchiato, le capuccino ou le
caffe latte. Alors que se développent des enseignes originaires
d’outre atlantique spécialisées dans les préparations à base de
café, Illy propose des bars à l’italienne qui constituent une
alternative au mode de vie à l’américaine : la dolce vita
italienne.
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