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Sommaire du dossier :
- Quand le
halal s'invite dans la restauration rapide
- Le halal "kool"
en Alsace
- Les sauces halal
- Big Burger, Saint-Etienne
- Le cola, un produit identitaire
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Décoration style « années
70 », cuisines visibles de la salle, aire de jeux pour enfants…
tout est conçu ici pour que les clients se sentent bien et
passent un moment agréable seuls, entre amis ou en famille en
dégustant un menu burger ou poulet. Quelques détails éveillent
toutefois l’attention du consommateur novice : le terme
« halal » omniprésent sur le menu board, le « Salam Haleykoum »
affiché sur les caisses en guise de bienvenue et la tenue des
employés, les jeunes femmes troquant volontiers l’uniforme et la
coiffe ou la casquette aux couleurs de l’enseigne pour l’habit
traditionnel et le voile. « Certaines des jeunes femmes qui
travaillent ici sont voilées mais c’est un hasard. Nous ne
choisissons pas le personnel en fonction des convictions
religieuses mais uniquement en fonction des compétences.
D’ailleurs, certains ne sont même pas musulmans », assure
Hakim Badaoui, responsable de la communication chez BKM.
Celui-ci observe néanmoins que les jeunes femmes affichant
ostensiblement leur foi sont souvent victimes de discrimination
de la part des employeurs, notamment dans les métiers en contact
direct avec le public, ce qui n’est pas le cas dans ce
restaurant. Cela s’ajoute bien sûr à la discrimination
géographique dont souffrent les habitants des quartiers
socialement défavorisés de Clichy-sous-bois et Montfermeil,
fortement touchés par le chômage.
Ouvert
il y a un an et demi, BKM a été beaucoup médiatisé à son
ouverture et a connu un afflux de curieux ravis de pouvoir enfin
manger tout ce qu’ils souhaitaient. « Ici, les gens viennent
pour s’éclater. Chez Mc Do, ils ne peuvent manger que du poisson
alors qu’ils savent qu’ici, tout est autorisé », explique
Hakim Badaoui. Burgers, nuggets, Burger au Bakon… tout est
permis puisque c’est halal. Grisés par cette liberté absolue de
consommation, les clients n’ont pas hésité, lors de leurs
premières visites, à goûter à toutes les spécialités.
Aujourd’hui, ils commandent un menu comme ils le feraient dans
n’importe quel fast food si seulement ils en avaient le droit.
Néanmoins, le ticket moyen est supérieur à celui dépensé dans
les autres restaurants du même type « car les musulmans sont
de gros consommateurs », explique Hakim Badaoui. En France,
ceux-ci consacreraient en effet environ 30 % de leur budget aux
dépenses de bouche, contre 14 % pour les non-musulmans.
Après
l’euphorie des premiers mois – durant lesquels la direction a
embauché 38 salariés pour répondre à la fréquentation qui
pouvait atteindre jusqu’à 800 couverts par jour – suit
aujourd’hui une période de rationalisation. La fréquentation a
diminué et l’effectif d’origine s’est réduit comme peau de
chagrin puisqu’on compte aujourd’hui moins d’une quinzaine
d’employés. Quant au projet de constitution d’un réseau BKM à
travers la France, il est en jachère actuellement, la direction
attendant d’atteindre la vitesse de croisière pour ouvrir
éventuellement d’autres restaurants sous la forme de franchises.
Après plus d’un an et demi de cette aventure halal, l’esprit BKM
demeure intact : « Ce que nous avons toujours souhaité, c’est
d’investir le marché des particuliers, de constituer une
structure bien différente des petites sandwicheries kebab
pouvant accueillir les familles qui ne disposaient jusqu’alors
d’aucune offre adaptée à leurs besoins », indique Hakim
Badaoui. Présentation, formation du personnel, hygiène,
contrôles sanitaires et respect des recommandations religieuses…
tout est fait pour rassurer et fidéliser des clients gourmands
de nouveauté qui, contrairement à ce que pensent ceux qui
accusent l’enseigne de favoriser le repli communautaire, ne sont
pas tous musulmans. Le restaurant est d’ailleurs ouvert pendant
la période du ramadan…
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