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Importé par les Turcs en Allemagne d’abord puis
en France, le kebab est aujourd’hui omniprésent
dans les grandes villes, et surtout en région
parisienne, ainsi que dans le nord de la France.
Mangé « sur le pouce » … et en partie avec les
doigts, ce sandwich chaud a l’avantage d’être
bon marché, roboratif et apprécié pour sa saveur
typique. Composé d’un mélange de viandes épicées
tranchées en fines lamelles disposées dans un
pain pita ou une galette de sésame, le kebab est
accompagné de salade verte, de tomates,
d’oignons d’une sauce blanche à base de yaourt
et de concombre.
Le
kebab, un sandwich réputé complet
Présenté dans une feuille de papier, le kebab
constitue un repas complet et équilibré. Il
associe en effet les céréales du pain, les
légumes et les fruits apportés par la salade,
les oignons et la tomate, le calcium et les
corps gras de la sauce et les protéines
contenues dans la viande. Si ce sandwich est
censé apporter tous les éléments nécessaires à
un repas diététique, c’est en omettant toutefois
qu’il est le plus souvent servi avec des frites
et que la sauce blanche à base de yaourt est
souvent remplacée par de la mayonnaise ou du
ketchup, beaucoup plus caloriques et saturés en
sucres et en graisses. En outre, la qualité de
la viande influe beaucoup dans la qualité de
l’apport nutritionnel et calorique de ce
sandwich. Si certains fabricants comme Alsalor
se vantent de ne proposer que des viandes ayant
moins de 12 % de matières grasses. Il y a donc
une prise de conscience autour de la
problématique nutrition & santé comme sur les
autres secteurs d’activité.
« Grec »
ou kebab, une nuance terminologique pas si
anodine
Difficile de trouver une explication unique sur
les raisons qui incitent les Parisiens à appeler
« grec » le sandwich appelé kebab par les autres
habitants de l’Hexagone et dönner par les
Allemands et les Belges. Peut-être les Parisiens
ont-ils découvert ce sandwich originaire de
Turquie en voyageant en Grèce… ou au quartier
Saint-Michel où les restaurants grecs soi-disant
typiques fleurissent pour la plus grande joie
des touristes ravis de se faire offrir un
apéritif « maison » et de s’asseoir à une
terrasse du quartier latin, un bougeoir
dégoulinant de cire en guise de décoration. Et
pour les touristes désargentés et les étudiants,
le « sandwich grec » reste un snack copieux
vendu à un prix abordable. Or, comme chacun
sait, les Grecs sont en grande majorité
chrétiens et non musulmans et ne sont pas
spécialement attachés au caractère halal des
viandes. Toutefois, les principaux producteurs
de broches de kebab, notamment Karmez et France
Kebab, veillent attentivement à ce que la viande
soit bel et bien halal.
Veau,
dinde, poulet, mouton…
Littéralement, le « döner kebab » est une
grillade tournante, appelée aussi gyros en grec
et chawarma en arabe, une tour de viandes
pouvant mesurer plus de 80 centimètres de haut,
constituée de larges tranches de viande
d’environ un centimètre d’épaisseur, empilées
sur une broche verticale. La viande ainsi
empilée est cuite peu à peu en surface grâce à
un grill électrique ou un brûleur à gaz et
découpée verticalement en fines tranches à
l’aide d’un sabre ou – modernité oblige – d’un
couteau électrique. Mais quelle est donc la
viande qui tourne sur les broches ?
« Contrairement aux idées reçues voulant que le
kebab soit composé de viande ovine, le mouton et
l’agneau représentent moins de 2 % du marché de
la viande à kebab », indique France Kebab.
Généralement, la viande de kebab est composée de
veau, de dinde et de poulet, trois viandes
pouvant, selon les cas, être associées ou non.
Si la législation française oblige normalement
les restaurants à kebab à indiquer la ou les
viandes cuisant sur les broches, force est de
constater que le client final ne sait pas
toujours ce qu’il mange. Toutefois, les
principaux fabricants de viande comme France
Kebab ou Alsalor par exemple veillent à indiquer
précisément la composition des produits. En
outre, certaines entreprises font de l’origine
des viandes le cœur de leur communication. C’est
le cas d’Alsalor qui insiste sur l’origine
exclusivement française de sa viande. Karmez
pour sa part dispose d’usines européennes et
décline des gammes de viandes et de pains pour
le kebab. Face à l’exigence croissante des
consommateurs en matière d’hygiène et de
sécurité sanitaire, les fabricants de produits
sont de plus en plus attentifs. La plupart des
gros industriels du secteur s’accordent à dire
que les règles sont de mieux en mieux
appliquées. De son côté, France Kebab, l’une des
principales entreprises françaises de vente de
produits et de matériel de kebab, fait de la
charte qualité son principal cheval de bataille.
« Nous avons mis en place des procédures
strictes de traçabilité répondant aux
réglementations européennes. De plus, nous
travaillons avec des fournisseurs qui se sont
engagés à créer une véritable traçabilité
halal », affirme Benoît Le Soliec, directeur
commercial de France Kebab. L’industrie est donc
porteuses d’une bonification croissante de
l’offre.
Si
c’est halal, c’est permis
« Halal » signifie autorisé en arabe. Pour être
halal, la viande doit provenir d’un animal
autorisé – c’est-à-dire qu’il ne doit s’agir en
aucun cas de porc ou de tout autre animal
carnivore – abattu selon les rites de l'islam.
Or l'abattage rituel prévoit la mise à mort de
l'animal par égorgement, sans étourdissement. En
outre, les produits alimentaires halal ne
doivent pas contenir d'ingrédients illicites ou
« Haram » comme de la gélatine de porc, de
l’alcool, des graisses animales… AVF à St Denis
est l’un des organisme les plus sérieux
permettant de valider l’appellation halal. Or de
très nombreux produits industriels de
consommation courante comme certains biscuits,
bonbons, yaourts, cakes, plats préparés ou
sauces contiennent ce type d’additifs. Outre les
producteurs de viande, diverses entreprises de
l’industrie agro-alimentaire se spécialisent
aujourd’hui dans ce marché sans ingrédient « haram ».
Ainsi, la société Nawhal’s a développé quelques
produits qui apportent une réponse au marché du
kebab (sauce marocaine, algérienne...)..
« Ces quelques références de halal ne
contiennent aucun ingrédient « haram », ni
alcool pouvant être contenu dans le vinaigre par
exemple, ni gélatine de porc. Ainsi, nous avons
remplacé le cognac fréquemment introduit dans la
sauce cocktail par du jus de pamplemousse »,
explique Benjamin Issaverdens, responsable
commercial de Nawhal’s.
Un marché en pleine explosion
Selon une étude menée par World Food Market, la
consommation de produits alimentaires halal
augmente de 15 % par an depuis 1998 en France.
Selon cette même source, le marché du halal
représenterait 3 milliards d’euros de chiffre
d’affaires. En effet, la population musulmane
française est caractérisée par une très forte
proportion d’Africains du nord. Or, parmi les
musulmans, ce sont justement les Maghrébins,
Arabes en tête devant les Berbères – qui sont
les plus gros consommateurs de halal, largement
devant les nord-Africains et les Caucasiens.
Contrairement à l’Allemagne où la population
musulmane est principalement composée de Turcs,
la France dispose donc d’un très fort potentiel
de croissance de la demande de produits halal,
et ce d’autant plus que les consommateurs
musulmans consacrent à la nourriture une part
bien plus importante de leur budget que les non
musulmans : 30 % au lieu de 14 % selon l’étude
World Food Market. Les perspectives de
croissance sont donc phénoménales pour les
industriels de l’agro-alimentaire. Au titre des
sociétés comme Heinz qui déclinent des offres de
sauces blanches pour kebab au-delà du ketchup ou
de la mayonnaise.
« Halal »,
une question de confiance… ou presque
En ce qui concerne la viande, les consommateurs
de produits halal font plus volontiers confiance
à leur boucher qu’aux grands circuits de
distribution. Ils seraient ainsi 72 % à croire
la bonne parole de leur boucher quand celui-ci
leur garantit le respect du halal et seulement
48 % à faire confiance à leur supermarché. C’est
du moins ce que révèle une étude réalisée en
2005 par FBB pour Algodoal-Sopi auprès de
consommateurs de produits halal. « Les
musulmans qui mangent des produits halal ne
comprennent pas l’intérêt qu’auraient les
Français non musulmans à contrôler la filière
halal et à vérifier les certificats.
C’est pourquoi les musulmans exigent que ce
soient des musulmans qui contrôlent,
explique Abdel Belarouci, gérant associé du
restaurant halal Half Time. En effet, si
un consommateur achète de bonne foi un produit
halal qui ne l’est pas, c’est le musulman qui le
vend qui est coupable vis-à-vis de Dieu. Le
halal est donc avant tout une question de
confiance. La plupart des grandes marques
apposent sur leurs produits un cachet attestant
de contrôles tout au long du processus de
fabrication des produits, de l’abattage à
l’emballage en passant par la transformation et
l’assemblage. C’est le cas de Corico qui clame
haut et fort le respect des garanties
religieuses pour tous les produits de sa marque
Medina halal, affirmant que trois sacrificateurs
et un contrôleur agréés par la mosquée d’Evry
Courcouronnes sont présents en permanence dans
l’usine pour vérifier que les dindes sont bien
placées en direction de La Mecque avant d’être
égorgées et jamais étourdies avant la mise à
mort. « La culture du halal étant basée sur
la confiance, nous nous efforçons de placer des
personnes concernées par le halal aux postes
clés de la chaîne de fabrication et confions le
contrôle du caractère halal des produits à des
personnes agréées par la mosquée d’Evry
Courcouronnes », affirme quant à lui Hubert
Mougin, responsable commercial de Resto Folies.
Une
consommation communautaire
De plus, à l’instar du « bio » ou de
« l’équitable », le « halal » semble s’imposer
comme une mode, un signe d’appartenance à une
communauté. Ce n’est pas uniquement par
conviction religieuse mais aussi par mimétisme
que l’on consomme halal. En voyant leurs cousins
ou leurs copains manger halal, les jeunes s’y
mettent aussi, revendiquant ainsi leur « islam-attitude ».
Certains industriels l’ont bien compris. C’est
le cas d’Alsalor, une entreprise créée en 1989
qui fabriquait à l’origine de la charcuterie et
s’est lancée dans l’aventure kebab en 1998,
juste après le pic de crise de la vache folle
survenu en 1996-1997. « Aujourd’hui, le kebab
représente les trois quarts de l’activité d’Alsalor »,
affirme Jacky Halter directeur d’Alsalor qui ne
dément pas son côté visionnaire. À l’instar d’Alsalor,
Resto Folies a misé sur le kebab. Convaincue du
caractère communautaire de la consommation
halal, l’entreprise a décidé de baptiser Zam-Zam
sa gamme de sandwichs kebab existante en février
2007. Un nom symbolique : la source de Zam-Zam
révélée par Allah à l’épouse d’Ibrahim et son
fils qui, se trouvant dans une région
désertique, s’y sont abreuvés et ont été sauvés
d’une mort certaine. Depuis, des milliards
d’individus se sont abreuvés de cette eau et des
pèlerinages sont encore organisés de nos jours.
« Zam Zam évoque la transmission, la relation
de confiance vis-à-vis de ce produit halal.
Plutôt que de lancer de grandes campagnes de
communication autour de ce produit, nous misons
essentiellement sur le bouche-à-oreille entre
musulmans », affirme Hubert Mougin qui
précise que les produits Zam Zam seront vendus
exclusivement dans les commerces de proximité,
dans les petites et moyennes surfaces, les
sandwicheries, les épiceries de quartier mais
certainement pas en grandes surfaces...
Les
poids lourds de l’industrie abordent aussi le
segment halal
Tout comme Resto Folies qui vise les petits
commerces et la distribution de proximité, les
géants de l’industrie ont bien compris l’intérêt
de proposer aux consommateurs des produits
halal. Selon une étude réalisée en 2005 par FBB
pour Algodoal-Sopi auprès de consommateurs de
produits halal, 92 % des musulmans d’origine
arabe et 85 % des musulmans d’origine berbère
souhaiteraient pouvoir donner des aliments halal
à leurs bébés… Cela révèle la nouvelle tendance
de consommation des musulmans souhaitant
consommer les mêmes produits que les non
musulmans en version halal et en particulier des
produits finis simples à préparer ou ne
nécessitant même aucune préparation. Les jeunes
actifs musulmans, qui constituent la cible
principale des poids lourds de
l’agro-alimentaire, n’ont pour la plupart aucune
envie de se préparer des plats élaborés. Le
couscous ou la tagine de maman, c’est bien pour
les grandes occasions, mais au quotidien, on se
contente volontiers d’un plat surgelé prêt en
trois minutes au micro-ondes ou d’un snack tout
prêt à engloutir à la cafet’ du bureau ou dans
les couloirs de la fac. Surfant sur la vague
halal, les marques de snacks élargissent
désormais leur gamme en visant la clientèle
consommant du halal. Ainsi, Le Gaulois propose
un sandwich halal « dinde halal façon kebab ».
Quant aux marques Sodebo et Douce France, elles
lancent des sandwichs kebabs en barquettes.
Le
goût kebab a la côte
Loin des broches de kebab de 40 kilos, ces
produits répondent à une réelle demande des
consommateurs contemporains qui apprécient le
« goût kebab » si typique. « Le goût kebab
s’est démocratisé », affirme Benoît Le
Soliec, directeur commercial de France Kebab.
Ainsi, les grandes enseignes spécialisées dans
le kebab proposent désormais, outre les broches,
des produits finis et en particulier des émincés
de kebab facilement utilisables par les
restaurateurs et même par les particuliers.
Corico a lancé, à l’occasion du Sial 2006, le
kebab de dinde cuit grillé frais – qui ne
nécessite qu’un réchauffage à la poêle ou au
micro-ondes – parfaitement adapté à toutes les
enseignes de restauration hors domicile.
L’entreprise Alsalor, qui n’a lancé qu’en 2004
les émincés de kebab, réalise aujourd’hui la
moitié de son chiffre d’affaires de « produits
kebabs » grâce à ces émincés, précuits et
congelés, qui agrémentent parfaitement et très
simplement les pizzas, les sandwichs ou
n’importe quel plat chaud. Cependant
France kebab a été le précurseur des émincés et
lamelles de kebab dès 2001 récompensés en 2004
Tendances et Innovation Sial 2004 ainsi que les
Broches de kebab cuites « BAKEBAB® » et
pasteurisées dont France Kebab détient 2 Brevets
Internationaux.
Fort de son
expérience sur son cœur de métier historique RHF
(Broches et lamelles) France kebab a intégré son
savoir faire en créant la gamme de plats
cuisinés KEBAB PARTY à destination de la GMS
élue SAVEUR DE L'ANNEE 2007, Tendances &
Innovations ainsi que deux Coup de Cœur du Grand
Jury du SIAL 2006. Il s’agit de
trois recettes de plats cuisinés à consommer en
solo (des émincés de kebab accompagnés de
tagliatelles, de frites ou de riz) et de deux
kits kebab à déguster en famille ou entre amis :
le kit Tortillas kebab et le kit Pitas Kebab.
Une envie de diversité
Si les industriels de l’agro-alimentaire
commencent à développer des produits halal
destinés à la consommation individuelle, les
grands noms de la restauration rapide
investissent timidement le marché du halal.
Ainsi, KFC affirme vendre des produits halal,
une affirmation contestée par nombre de
musulmans et notamment l’association AVS qui
affirme n’avoir jamais été sous contrat avec un
restaurant KFC et atteste de ce fait qu’aucun
restaurant de cette enseigne n’est certifié
halal et agréé par elle. Loin des grandes
chaînes de restauration rapide, plusieurs fast
food halal ont ouvert à divers endroits en
France. En effet, hormis le traditionnel kebab,
les musulmans consommant des produits halal ne
peuvent rien manger de halal dans les
restaurants rapides, à l’exception des
préparations à base de poisson.
La
restauration rapide halal
C’est à Strasbourg qu’est né, en 2001, le
premier fast food halal français qui a fermé en
2003. En mars 2004, d’anciens salariés du
restaurant ont ouvert un nouveau fast food de
200 m2 environ baptisé, comme son
prédécesseur, « Kool Halal » (kool signifie
manger en arabe). En plus de ce restaurant
principal, les gérants ont ouvert une petite
succursale dans la ville. Parallèlement, un
« Resto Kool » ouvert à Mulhouse en 2003. Si ces
enseignes sont dirigées actuellement par des
personnes différentes, les responsables de « Kool
Halal » affichent leur volonté de créer un
réseau. « Nous voulons harmoniser les prix,
les produits et le concept entre les restaurants
de Mulhouse et de Strasbourg et développer la
marque Kool Halal partout en France en créant un
réseau de franchises », affirme Brahim
Benyamma, responsable du restaurant Kool Halal
de Strasbourg. Celui-ci affirme que les demandes
venant de la France entière sont très
nombreuses. En plus des burgers classiques et
des nuggets, Kool Halal propose des pizzas, des
tartes flambées et divers plats chauds.
Un
large choix de restauration rapide Halal
À l’instar de Kool Halal, Half Time, ouvert en
septembre 2006 à Argenteuil, se positionne
également à mi-chemin entre la restauration
rapide et la brasserie traditionnelle. Avec plus
de 400 couverts par jour, l’enseigne est
satisfaite de son aventure débutante. En plus
des burgers, wraps, salades et pâtes
actuellement proposés, Half Time entend élargir
rapidement son offre en proposant des plats
chauds rapides à préparer identiques à ceux
cuisinés dans les brasseries françaises, mais
halal bien sûr. Design soigné, personnel vêtu de
l’uniforme Half Time : rien n’indique que ce
restaurant propose exclusivement des produits
halal, si ce n’est la mention « Halal » inscrite
en arabe sur la vitrine, mais encore faut-il
savoir ce que cela signifie. Si le restaurant
n’affiche pas clairement le caractère Halal de
ses plats, c’est sans doute parce qu’il ne vise
pas exclusivement une clientèle musulmane.
« Le midi, notre clientèle est composée aussi
bien de musulmans que de non-musulmans : il
s’agit essentiellement d’une clientèle de bureau
travaillant dans les environs », précise
Brahim Benyamma. Pour l’instant, la
fréquentation est bien plus importante le midi
que le soir où la clientèle ciblée est davantage
familiale. En dépit de la large offre de
produits kebab existant désormais, Half Time ne
souhaite pas proposer ce type de produits.
« Il y a assez de kebabs aux alentours. Les gens
qui viennent manger ici ont envie de quelque
chose de différent et de plus élaboré »,
affirme Brahim Benyamma. Contrairement aux
« bouis-bouis » qui proposent un kebab frites
pour 3 euros et séduisent les 18-25 ans affamés
et fauchés, Half Time cible les jeunes actifs
des 25-30 ans qui dépensent en moyenne 8 euros.
« Si les prix des menus sont équivalents à
ceux pratiqués dans les grandes enseignes de
restauration rapide, les consommateurs
n’hésitent pas à agrémenter leur menu de base
d’un dessert ou de tout autre supplément pour
dépenser en totalité leur ticket restaurant »,
explique le gérant.
Demain
tous consommateurs de halal ?
Contrairement aux petits restaurants de kebabs
sentant la vieille friture, Half Time a misé sur
le look moderne et « clean » de son restaurant
pour attirer une clientèle exigeante. C’est le
cas aussi de Big Burger situé à Saint-Etienne et
de BKM, le « Beurger » King Musulman situé à
Clichy-sous-bois. Ces deux restaurants ouverts
depuis environ un an et demi ont pris modèle sur
la célèbre enseigne de restauration rapide
américaine au clown Ronald. Fours, friteuses,
menus boards, aires de jeux pour enfants… la
ressemblance est frappante. « Nous avons
exactement la même structure et le même modèle
de production que McDonald’s », assure le
responsable de Big Burger. Chez BKM aussi, la
ressemblance avec les grandes enseignes de la
restauration rapide est à s’y méprendre, à
l’exception peut-être de l’uniforme qui n’est
pas de rigueur. Ici, le voile remplace
volontiers la casquette. En outre, en guise de
bienvenue, c’est un « Salam Haleykoum » qui est
affiché sur les caisses. Quant à l’offre, elle
ressemble comme deux gouttes d’eau à celle
proposée dans les grandes enseignes de
restauration rapide. Le croque Halal, le double
Koull cheese, le Koull chicken, le Koull Filet,
le menu enfant, le menu BKM, les nuggets de
poulet… un large choix à des prix équivalents à
ceux pratiqués par les grandes enseignes. Si les
restaurants rapides halal tels que BKM, Kool
Halal, Big Burger ou Half Time sont fréquentés
en grande partie par une clientèle de confession
musulmane, les responsables de ces enseignes ne
ciblent pas exclusivement cette clientèle. La
preuve en est l’ouverture de ces restaurants
lors de la période du ramadan. « Notre but
n’est pas le repli communautaire. Les
consommateurs qui mangent du halal ont envie de
s’éclater, de consommer les mêmes produits que
les Français non-musulmans », assure Brahim
Benyamma. Frustrés de ne pouvoir déguster dans
les fast food que des burgers au poisson, les
musulmans qui viennent chez BKM s’en donnent à
cœur joie, n’hésitant pas à surconsommer pour
goûter à tous ces produits jusque là interdits.
Le plus étonnant chez BKM est sans doute le
Bakon halal, un bacon sans porc bien sûr...
Croque-monsieur, plats cuisinés, burgers,
jambon, lardons, bacon… halal : les musulmans
rêvent de manger exactement les mêmes produits
que les non-musulmans, mais en version halal
bien sûr. La demande existe bel et bien, l’offre
n’a plus qu’à suivre…Et l’industrie se penche de
plus en plus sur cette question.
Pascale Decressac.
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