
Le LAAC (en haut) comme
le bâtiment qui accueillera, après réhabilitation, le Fonds
régional d’art contemporain (en bas) marquent d’ores et déjà le
littoral dunkerquois.
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L’art
occupe une place essentielle dans la ville, et les projets
culturels font pleinement partie de sa capacité d’innovation,
comme c’est le cas à Dunkerque. Le Fonds régional d’art
contemporain (FRAC) devrait ainsi déménager à l’horizon 2010
dans la bien nommée “cathédrale”, un spacieux bâtiment situé sur
le site de l’AP2 (Atelier portuaire 2). Quant au Lieu d’art et
d’action contemporaine (LAAC), créé sous la forme d’un musée
d’art contemporain au début des années 80, aux abords des
chantiers de construction navale, le long du canal exutoire et
non loin de la plage, afin d'ouvrir l'art à la population
ouvrière et de s'intégrer
dans la cité, il a réouvert ses portes en juin 2005 après huit
année de fermeture et de travaux. Entièrement rénové, il
souhaite, en plus du prêt d’oeuvres et de la constitution de
collections, impliquer davantage les habitants dans ses projets,
en particulier en invitant des artistes à s’inspirer d’un lieu,
à participer à sa (re)construction, à se l’approprier et à
“révéler sa véritable identité”.
Deux exemples récents illustrent cette démarche. Si les lieux
ont une mémoire, l’artiste Maria Tereza Alves a voulu se faire
l’écho de “Dunkerque la voyageuse”. Troisième port de France,
Dunkerque a été marquée jusque dans sa chair par les deux
guerres mondiales et dans son “âme” par les voyages des marins
vers l’Afrique, les Amériques, “les Indes” ou l’extrême nord de
l’Europe... Maria Tereza Alves a recueilli le lest – composé de
sable, de terre, de pierres et de briques – amassé dans les
bateaux au cours de ces périples et y a cherché les graines
déposées au gré du hasard. Ces “seeds of change”, graines
d’échange et de changement, ont peu à peu germé, donnant
naissance à des plantes venues de tous horizons qui sont
exposées six mois
durant sur le “Duchesse Anne”, amarré dans le bassin du
commerce. De son côté, Ludovic Linard a voulu créer du “bien
vivre ensemble” avec les habitants des quartiers de Soubise et
de Basse Ville, dessinant avec eux la nouvelle identité de ces
territoires… Un objectif nécessairement ambitieux et partagé.
Pascale Decressac. |