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Revue Urbanisme Hors série n° 31 :

Actes de la 27e rencontre nationale des agences d'urbanisme, novembre 2006

                 
Dunkerque Art et territoire, un chantier permanent
   

Le LAAC (en haut) comme le bâtiment qui accueillera, après réhabilitation, le Fonds régional d’art contemporain (en bas) marquent d’ores et déjà le littoral dunkerquois.

 

L’art occupe une place essentielle dans la ville, et les projets culturels font pleinement partie de sa capacité d’innovation, comme c’est le cas à Dunkerque. Le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) devrait ainsi déménager à l’horizon 2010 dans la bien nommée “cathédrale”, un spacieux bâtiment situé sur le site de l’AP2 (Atelier portuaire 2). Quant au Lieu d’art et d’action contemporaine (LAAC), créé sous la forme d’un musée d’art contemporain au début des années 80, aux abords des chantiers de construction navale, le long du canal exutoire et non loin de la plage, afin d'ouvrir l'art à la population ouvrière et de s'intégrer
dans la cité, il a réouvert ses portes en juin 2005 après huit année de fermeture et de travaux. Entièrement rénové, il souhaite, en plus du prêt d’oeuvres et de la constitution de collections, impliquer davantage les habitants dans ses projets, en particulier en invitant des artistes à s’inspirer d’un lieu, à participer à sa (re)construction, à se l’approprier et à “révéler sa véritable identité”.
Deux exemples récents illustrent cette démarche. Si les lieux ont une mémoire, l’artiste Maria Tereza Alves a voulu se faire l’écho de “Dunkerque la voyageuse”. Troisième port de France, Dunkerque a été marquée jusque dans sa chair par les deux guerres mondiales et dans son “âme” par les voyages des marins vers l’Afrique, les Amériques, “les Indes” ou l’extrême nord de l’Europe... Maria Tereza Alves a recueilli le lest – composé de sable, de terre, de pierres et de briques – amassé dans les bateaux au cours de ces périples et y a cherché les graines déposées au gré du hasard. Ces “seeds of change”, graines d’échange et de changement, ont peu à peu germé, donnant naissance à des plantes venues de tous horizons qui sont exposées six mois
durant sur le “Duchesse Anne”, amarré dans le bassin du commerce. De son côté, Ludovic Linard a voulu créer du “bien vivre ensemble” avec les habitants des quartiers de Soubise et de Basse Ville, dessinant avec eux la nouvelle identité de ces territoires… Un objectif nécessairement ambitieux et partagé.

Pascale Decressac.