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L’augmentation rapide de
la population, qui conduit à la congestion progressive des
trafics, et son vieillissement inéluctable, qui entraîne une
perte relative d’autonomie, sont au moins deux raisons pour
repenser la chaîne de déplacement. Comme l’affirme en substance
Éric Molinié/1, l’enjeu n’est plus
d’aller d’un point “A” à un point “B”, mais de rendre
accessibles les points “A” et “B”. Cela semble être le “B-A BA”,
mais il a fallu que le législateur s’en mêle pour que la
mobilisation des uns crée le “droit à la mobilité” des autres.
Un vaste chantier évoqué au sein des deux ateliers organisés
lors de la rencontre nationale/2. |
1/ Eric Molinié, chargé de mission au cabinet de la
présidence d’EDF, était le “grand témoin” de l’atelier n°1,
intitulé “Handicap : faire bouger la vie et la ville”, proposé
par l’Agence d’urbanisme de la région
angevine, le Comité de liaison des handicapés, le Certu, France
Qualité publique et EDF.
2/ Le second atelier (n°9), intitulé “Vers un service
public de la mobilité durable”, était proposé par le GART
(Groupement des autorités responsables de transport). |
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Même si les citadins
“branchés”plébiscitent
le vélo, la ville doit “offrir un transport adapté à chacun”.



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Après
Londres et Rome, plusieurs grandes métropoles européennes
cherchent des moyens de réduire la circulation des voitures en
centre-ville. Si un bon “maillage” de l’agglomération en
transports en commun est indispensable pour convaincre les
automobilistes de laisser leur véhicule au garage ou d’y
renoncer tout bonnement, cela n’est pas suffisant. De nombreuses
villes mettent donc en place des systèmes alternatifs innovants.
C’est ce que proposait de découvrir l’atelier animé par Chantal
Duchène, directrice générale du GART.
Bannie du centre, tolérée en périphérie ?
Le projet “Auto-partage”, initié à
Nantes et pratiqué dans quelques villes, est un service de
location de voitures à l’heure destiné à une clientèle de
particuliers et de professionnels souhaitant utiliser de temps
en temps un véhicule personnel pour des déplacements en
périphérie. “L’objectif est de rendre facilement accessibles les
stations de location de voitures, situées à proximité des lieux
de transport collectif”, explique Olivier Sorin, chargé des
transports collectifs à la communauté Angers Loire Métropole,
qui ajoute que “le dispositif concerne un marché restreint et ne
devrait pas entraîner une réduction significative des trajets en
voiture”. Comme à Brême ou à Strasbourg, les véhicules doivent
être remis là où ils ont été empruntés. L’auto-partage se
présente comme une offre complémentaire aux transports en commun
bien adaptée aux déplacements de centre ville à périphérie.
Mobilité “écolo-logique”
La Communauté d’agglomération de La
Rochelle, qui regroupe dix-huit communes, a mis en place pour sa
part une offre multimodale et intermodale complète. Une régie
gère les transports publics sur neuf communes de
l’agglomération. Depuis 1985, La Rochelle a mis en place le
transport à la demande 24 heures sur 24, grâce à un système de
taxis, ainsi qu’un service de “bus de mer” et un prêt de vélos
en libre-service accessible grâce à un paiement par carte et à
une tarification commune. L’agglomération a aussi lancé le
service “Liselec”, qui repose sur l’utilisation de voitures
électriques en temps partagé, accessibles en libre-service et en
permanence par des clients abonnés, ainsi que “Elcidis”,
plate-forme de déchargement utilisant uniquement des véhicules
électriques, qui assure le transport des marchandises et propose
la livraison des courses à domicile. Innover, conduire une
démarche de développement durable, trouver des alternatives à la
voiture en cherchant des solutions intelligentes : la Ville
affiche son attachement à “offrir un transport adapté à chacun”.
Les habitants sont en outre encouragés à laisser aux parkings
situés en périphérie leurs véhicules pour emprunter les
transports en commun. “La circulation en voiture commence à
diminuer dans le centre ville, mais pas en périphérie”, note
toutefois Jean-Marie Grellier, directeur transport et
déplacement de la Communauté d’agglomération.
La “petite reine” des circulations
douces
Depuis le 19 mai 2005, le Grand Lyon a mis à la disposition des
habitants un parc de 3 000 vélos en
libre-service, répartis sur 250 stations implantées à Lyon et à
Villeurbanne. Avec une gratuité d’utilisation de trente minutes
à une heure selon les modalités d’abonnement, chacun peut, à
n’importe quel moment du jour ou de la nuit, prendre un vélo
pour se rendre d’un point à un autre ou, pour une somme modique,
le conserver un peu plus longtemps. Le vélo en location a déjà
séduit plus de 70 000
abonnés, soit plus d’un Lyonnais sur dix. Utilisés sur de
courtes distances pour les déplacements
domicile-travail réalisés en semaine (64 %), les vélos font
désormais partie du quotidien. Ils se substituent volontiers au
métro, au bus ou à la marche à pied, mais moins à la voiture.
“Une nouvelle culture des déplacements urbains est née grâce à
Vélo’v”, remarque Bernard Lensel, qui souligne l’augmentation de
l’équipement des ménages en vélos personnels.
Le coût de la “mobilité innovante”
Le développement des transports écologiques a cependant un coût.
Jean-Marie Grellier souligne l’importance de l’investissement
réalisé à La Rochelle pour la mise en place des plans de
mobilité pour les déplacements alternatifs à la voiture
particulière. Il insiste sur l’intérêt de la mutualisation des
services de transport : “La rentabilisation rapide du système de
livraison comblera le déficit prévisible des voitures en temps
partagé qui ne devraient pas être rentables avant une douzaine
d’années”, explique-t-il. À Lyon, l’investissement réalisé dans
le cadre de “Vélo’v” est également significatif. “Cela
représente un investissement de 3 000 euros par vélo, soit un
coût de plusieurs euros par déplacement”, reconnaît Bernard
Lensel. Enfin, Olivier Sorin insiste sur le nécessaire soutien
des pouvoirs publics pour la mise en oeuvre de l’auto-partage,
qui sera certainement déficitaire pendant plusieurs années. Pour
Chantal Duchène, ces initiatives constituent une “alternative
intéressante” aux transports en commun et à la voiture
particulière pour les habitants de centre-ville. Soulignant la
pertinence du système multimodal développé à La Rochelle offrant
à la population un large panel de choix de déplacement, elle
regrette en revanche l’absence d’amélioration des déplacements
pour les personnes vivant à la périphérie des agglomérations. Un
constat appuyé par Bernard Lensel qui indique qu’à Lyon les
parkings se sont déplacés de l’hyper-centre vers les quartiers
périphériques. Or, c’est en centre-ville que le maillage du
territoire en transports en commun est le mieux organisé, que la
circulation à vélo est la plus aisée…
Certes, les citadins “branchés” plébiscitent les transports
écologiques, vélo en tête, mais que représentent-ils par rapport
à la population urbaine dans son ensemble ?
Pascale Decressac. |