 
Les élus ont affirmé que
l'essentiel est dans le dialogue et "dans la fierté du présent"
(Claudine Guidat, Michel Berson)


L'innovation urbaine est une
oeuvre collective qui s'invente tous les jours. (Ici, Toulouse).

Claude Raynal, maire de
Tournefeuille |
“Dialogue”
et “partage” ont également été les maîtres mots de Michel Berson,
président du Conseil général de l’Essonne, dont il affirme avec
fierté le statut de “terre d’innovation avec ses centres de
recherche, ses universités, ses grandes écoles, ses entreprises
de pointe, ses deux pôles de compétitivité”. Les élus du
département, les acteurs et l’Agence d’urbanisme et de
développement Essonne-Seine-Orge qu’il préside cherchent à
mettre l’innovation technologique au service de l’innovation
urbaine : “Notre rôle est de faire partager les connaissances
par la population, de dialoguer sur le fond, d’organiser le
débat public en vue d’une appropriation collective.” La démarche
participative engagée depuis 2002 à l’échelle de l’Essonne a
ainsi permis, selon Michel Berson, de “renforcer la légitimité
des grands schémas de développement”.
Place au “soft” et à la “féminité”
Sentir, écouter, entendre, dialoguer,
développer la confiance : des notions qui composent la structure
vertébrale de l’action, renchérit Claudine Guidat, première
adjointe au maire de Nancy et conseillère régionale. Car le “soft”
d’hier devient le “hard” d’aujourd’hui : “À Nancy, par
exemple, nous avons “réenchanté” la place Stanislas pour en
faire un lieu de vie accessible à tous. Nous avons testé cette
tendresse nouvelle des espaces publics par une formidable
aventure humaine favorisant le dialogue avec les citoyens, les
commerçants de la place, les entreprises, réactivant le passé,
créant une fierté du présent et du futur dans la ville”.
Le dialogue est aussi une bataille
Rechercher au quotidien les aménagements
urbains pouvant permettre d’améliorer la vie des habitants,
c’est la véritable “bataille” – un terme certainement
plus guerrier, sinon masculin – que doit mener un élu, affirme
de son côté Vincent Feltesse, maire de Blanquefort et président
de l’Agence d’urbanisme Bordeaux Métropole Aquitaine. Bâtir des
logements sociaux n’est pas une mince affaire, car il faut
“oser se battre contre les urbanistes, les techniciens, les
juristes et l’excès de procédures qui constitue un frein aux
initiatives locales”. Un élu doit “avoir une certaine
sensibilité” et rester en permanence à l’écoute de la
population, tout en faisant preuve de volontarisme pour mettre
en oeuvre et “imaginer des quartiers où il fait vraiment bon
vivre”: “Quand je rencontre les Blanquefortais, je veux
pouvoir deviner leur plaisir de vivre dans une ville qui leur
ressemble !”
Capter les “signaux faibles”
“L’innovation urbaine n’est pas un
travail spécialisé d’élus ou d’urbanistes”, a souligné sur
le
même mode Claude Raynal, maire de Tournefeuille et
vice-président de la Communauté d’agglomération du Grand
Toulouse. C’est une oeuvre collective, “une évolution qui
s'invente au jour le jour “. Le rôle des élus est par
conséquent moins d'innover au sens strict que de “repérer les
phénomènes émergents”, ce qui réclame d’abord un “esprit
d’ouverture” : “Il y a dix ans, qui aurait pu prévoir le
succès des musiques actuelles, des rollers, des murs d'escalade
en ville, des pistes cyclables pour écoliers et même le retour
des cinés-clubs dans les coeurs de villes ?” Pour répondre à
ces demandes, de nombreux outils sont disponibles, le problème
est de savoir les utiliser – ou les optimiser. À défaut d’en
inventer sans arrêt de nouveaux. Le travail ne fait donc que
commencer… Innover, c’est aussi savoir faire simple. |