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Revue Urbanisme Hors série n° 31 :

Actes de la 27e rencontre nationale des agences d'urbanisme, novembre 2006

                 
Ateliers et reportages De la mobilité à la mobilisation

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Emploi, de la Cohésion Sociale et du Logement, a évoqué en clôture de la rencontre (et en vidéo) “l’innovation humaine” que peut constituer le “dialogue en partage”. Une notion symbolisée par un “urbanisme féminisé” – au moins dans le discours
– permettant par exemple de passer du logement à l’habitation. Pour amener un peu de douceur citoyenne et participative dans un monde de données parfois “brutes” ?

Synthèse par Olivier Réal (avec Pascale Decressac et Richard Quincerot).

 

Les élus ont affirmé que l'essentiel est dans le dialogue et "dans la fierté du présent" (Claudine Guidat, Michel Berson)

L'innovation urbaine est une oeuvre collective qui s'invente tous les jours. (Ici, Toulouse).

Claude Raynal, maire de Tournefeuille

“Dialogue” et “partage” ont également été les maîtres mots de Michel Berson, président du Conseil général de l’Essonne, dont il affirme avec fierté le statut de “terre d’innovation avec ses centres de recherche, ses universités, ses grandes écoles, ses entreprises de pointe, ses deux pôles de compétitivité”. Les élus du département, les acteurs et l’Agence d’urbanisme et de développement Essonne-Seine-Orge qu’il préside cherchent à mettre l’innovation technologique au service de l’innovation urbaine : “Notre rôle est de faire partager les connaissances par la population, de dialoguer sur le fond, d’organiser le débat public en vue d’une appropriation collective.” La démarche participative engagée depuis 2002 à l’échelle de l’Essonne a ainsi permis, selon Michel Berson, de “renforcer la légitimité des grands schémas de développement”.

Place au “soft” et à la “féminité”

Sentir, écouter, entendre, dialoguer, développer la confiance : des notions qui composent la structure vertébrale de l’action, renchérit Claudine Guidat, première adjointe au maire de Nancy et conseillère régionale. Car le “soft” d’hier devient le “hard” d’aujourd’hui : “À Nancy, par exemple, nous avons “réenchanté” la place Stanislas pour en faire un lieu de vie accessible à tous. Nous avons testé cette tendresse nouvelle des espaces publics par une formidable aventure humaine favorisant le dialogue avec les citoyens, les commerçants de la place, les entreprises, réactivant le passé, créant une fierté du présent et du futur dans la ville”.

Le dialogue est aussi une bataille 

Rechercher au quotidien les aménagements urbains pouvant permettre d’améliorer la vie des habitants, c’est la véritable “bataille” – un terme certainement plus guerrier, sinon masculin – que doit mener un élu, affirme de son côté Vincent Feltesse, maire de Blanquefort et président de l’Agence d’urbanisme Bordeaux Métropole Aquitaine. Bâtir des logements sociaux n’est pas une mince affaire, car il faut “oser se battre contre les urbanistes, les techniciens, les juristes et l’excès de procédures qui constitue un frein aux initiatives locales”. Un élu doit “avoir une certaine sensibilité” et rester en permanence à l’écoute de la population, tout en faisant preuve de volontarisme pour mettre en oeuvre et “imaginer des quartiers où il fait vraiment bon vivre”: “Quand je rencontre les Blanquefortais, je veux pouvoir deviner leur plaisir de vivre dans une ville qui leur ressemble !”


Capter les “signaux faibles”

“L’innovation urbaine n’est pas un travail spécialisé d’élus ou d’urbanistes”, a souligné sur le
même mode Claude Raynal, maire de Tournefeuille et vice-président de la Communauté d’agglomération du Grand Toulouse. C’est une oeuvre collective, “une évolution qui s'invente au jour le jour “. Le rôle des élus est par conséquent moins d'innover au sens strict que de “repérer les phénomènes émergents”, ce qui réclame d’abord un “esprit d’ouverture” : “Il y a dix ans, qui aurait pu prévoir le succès des musiques actuelles, des rollers, des murs d'escalade en ville, des pistes cyclables pour écoliers et même le retour des cinés-clubs dans les coeurs de villes ?” Pour répondre à ces demandes, de nombreux outils sont disponibles, le problème
est de savoir les utiliser – ou les optimiser. À défaut d’en inventer sans arrêt de nouveaux. Le travail ne fait donc que commencer… Innover, c’est aussi savoir faire simple.